Biographie de Trygve Haavelmo

 

Trygve Haavelmo
Trygve Haavelmo

 

Informations principales

Trygve Haavelmo est un économiste et statisticien norvégien, né le 13 décembre 1911 à Skedsmo, dans la banlieue d’Oslo, en Norvège et mort le 28 juillet 1999 à Oslo, dans le même pays.

Pendant plus de trente ans, entre 1948 et 1979, il a été professeur d’économie et de statistiques à l’Université d’Oslo.

Ses intérêts de recherche se sont principalement concentrés sur l’économétrie, ce qui a fait de lui l’un des pères fondateurs de cette discipline. L’objectif de l’économétrie est de convertir les propositions qualitatives (tel que “la relation entre deux variables ou plus est positive”) en propositions quantitatives (tel que “la dépense de consommation augmente de 95 centimes pour toute augmentation d’un dollar ou d’un euro du revenu disponible”).

Son apport le plus important est son raisonnement sur les effets multiplicateurs d’un budget en équilibre. Ce raisonnement, connu sous le nom de Théorème d’Haavelmo, défend les politiques simultanées de relance par la dépense publique et par l’augmentation des impôts.

En 1989, Haavelmo a reçu le Prix Nobel d’économie pour sa clarification des fondements de la théorie des probabilités en économétrie et ses analyses des structures économiques simultanées.

Il est apparenté à la Synthèse néoclassique, école de pensée économique issue de l’intégration de certains raisonnements et théories de l’école néoclassique au keynésianisme originel.

 

L’introduction des probabilités en économie

Trygve Haavelmo a publié, en 1944, un texte intitulé L’approche probabiliste en économétrie, dans la revue Econometrica. Ce travail a été une révolution dans la méthodologie économique, parce qu’il a introduit les probabilités, alors qu’elles étaient jusqu’alors refusées par les économistes, malgré le fait qu’elles servaient de bases aux calculs statistiques qu’ils utilisaient. Les économistes en question refusaient les probabilités en considérant que le temps n’était pas homogène et que les faits économiques n’étaient pas indépendants.

Face à ces arguments, Haavelmo a estimé qu’il fallait traduire la théorie économique (qui se caractérise par une relation entre plusieurs variables) en une distribution de probabilités sur un espace à plusieurs dimensions. Cela implique, pour lui, que la théorie contient en elle-même ses conditions de confrontation aux données historiques, ce qui n’est pas le cas pour les théories considérées comme exactes, qui nécessitent une estimation (réalisée à l’extérieur de la théorie) de leur concordance avec la réalité pour être acceptées ou rejetées.

De plus, pour Haavelmo, autant le problème de l’homogénéité du temps, que celui de la pérennité des lois économiques est résolu par le concept d’autonomie. En effet, une relation est d’autant plus autonome qu’elle reste vraie, et cela, malgré des changements de structure. Les lois autonomes correspondent aux lois fondamentales, alors que les lois plus sophistiquées fondées sur elles, sont plus susceptibles de varier au cours de l’Histoire. 

Par ailleurs, Haavelmo distingue aussi l’influence potentielle d’un facteur de son influence factuelle. L’influence potentielle correspond à l’influence théorique, qui se manifesterait seulement si le facteur variait, alors que l’influence factuelle est celle qui est observée de fait. Par exemple, l’influence potentielle de la gravitation de la terre sur une partie de tennis est très forte, mais son influence factuelle est nulle, dans la mesure où cette loi ne varie pas.

L’idée de Haavelmo selon laquelle un modèle économique décrit une série d’expériences hypothétiques et que les politiques peuvent être simulées en modifiant les équations du modèle est devenue la base de tous les formalismes d’inférence causale économétriques actuellement utilisés.

 

Le Théorème d’Haavelmo ou les effets multiplicateurs d’un budget en équilibre

Le Théorème de Haavelmo correspond à un théorème économique selon lequel une politique budgétaire de relance peut être mise en place sans accroître le déficit public, si l’État augmente l’imposition du même montant que les dépenses de relance engagées. Le but qui est de provoquer une stimulation de la croissance économique peut quand même être atteint. Cela vient du fait que l’État ponctionne une partie de l’épargne privée, qui aurait été sinon mise de côté et non utilisée dans l’économie. Cela a un effet positif sur la croissance grâce à l’effet multiplicateur keynésien de la dépense publique.

Dans son ouvrage majeur intitulé La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, publié en 1936, John Maynard Keynes montre qu’une augmentation des dépenses publiques a un impact positif sur la croissance économique grâce à un effet multiplicateur (aussi appelé multiplicateur keynésien, du nom de son auteur, ou encore multiplicateur budgétaire). Les économistes keynésiens partent alors du principe que l’État finance sa politique budgétaire par des déficits publics.

En 1945, Trygve Haavelmo publie un article dans lequel il développe une théorie qui va plus loin. En effet, il cherche tout d’abord à savoir quelle relance budgétaire est la plus efficace entre une relance financée par le déficit (et donc par une augmentation des impôts à terme), et une relance financée par une hausse immédiate des impôts pour couvrir les dépenses (ce qui correspond à une relance budgétaire à l’équilibre). Il cherche aussi à déterminer si une politique budgétaire expansionniste peut être réalisée à l’équilibre budgétaire ou non.

Suite à ses recherches, il arrive à la conclusion qu’il est possible de réaliser une politique budgétaire qui ne conduit pas à une hausse du déficit quand elle est financée à l’équilibre, ce qui implique une hausse immédiate des impôts. Cela vient du fait que les nouvelles dépenses publiques sont produites par des ressources qui auraient été oisives, c’est-à-dire qui n’auraient servi à rien pour l’économie, parce que non utilisées. En effet, en augmentant les impôts, l’État ponctionne une épargne qui n’aurait, de toute façon, pas été dépensée intégralement, mais que lui dépense entièrement avec sa politique de relance. Dans la mesure où toute l’épargne qui aurait été thésaurisée (c’est-à-dire amassée sans l’utiliser dans l’économie) par les agents économiques est dépensée par l’État, une demande supplémentaire est créée dans l’économie, ce qui a pour effet de stimuler la croissance.

Cela signifie donc que pour Haavelmo, une augmentation à la fois des dépenses publiques et des recettes fiscales d’un même montant engendre un accroissement du revenu national de ce même montant. Cela implique qu’une relance réalisée à l’équilibre a un effet multiplicateur limité à 1, puisqu’il est égal au montant de l’imposition, qui est le même que celui de la dépense.

Si, par exemple, dans une économie fermée (c’est-à-dire qui n’a pas d’échanges avec l’étranger), les agents économiques dépensent en moyenne 80 % de leurs revenus, cela signifie que l’effet multiplicateur de la dépense publique est de 5. Une dépense supplémentaire d’un milliard d’euros par l’État qui est entièrement financée par une hausse de l’imposition du même montant accroît initialement la demande globale d’un milliard. Mais cependant, l’augmentation de la fiscalité réduit le revenu disponible d’autant.

Cela signifie donc que la consommation des agents baisse de 0,8 milliard d’euros. Par conséquent, au départ, la demande globale est à la fois accrue de 1 milliard d’euros par la dépense publique et diminuée de 0,8 milliard d’euros par la consommation. Au final, l’effet net est de 0,2 milliard d’euros. Cela signifie que cet effet net a un effet multiplicateur de 0,2 qui, multiplié par cinq, fait bien 1. Le revenu global a donc augmenté d’une unité.

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